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Les anciennes provinces de Normandie et d'Anjou ont contribué, par fractions sensiblement égales, à constituer, en 1790, le département de l'Orne. A la première appartenait la plus grande partie des arrondissements actuels d'Alençon, de Domfront et d'Argentan; à la seconde, la région du Perche comprise dans l'arrondissement de Mortagne.
Plusieurs des peuplades gauloises qui habitaient le pays au moment de l'arrivée des Romains nous sont connues par les Commentaires de César et les livres de Pline. C'étaient les Essuvii, autour de Sagium (Sées), les Aulerques Diablintes autour de Jublains, les Aulerques Cénomanes dans la région de Mortagne, et enfin, aux confins de l'Eure, les Eburovices. Tous ces peuples furent pour César et ses lieutenants de redoutables adversaires, jusqu'au jour où le légat Tilurius Sabinus eut écrasé, en l'an 57 avant J.-C., le chef aulerque
Viridorix, non loin de la Sarthe. Des restes nombreux de villas et de routes gallo-romaines, à Essay, Exmes, Tinche-bray, etc., attestent la prospérité, sous la domination impériale, de ces territoires, qui furent évangélisés, à ce qu'il semble, au milieu du IV em siècle par saint Lathuin. premier évêque de Sées, puis par saint Ravan et saint Rasyphe. Mais presque aussitôt l'invasion des Alains (406) couvrait de ruines les vallées de la Sarthe et de l'Orne. La domination mérovingienne, au contraire, de même que celle des Carolingiens, fut légère à la région, presque constamment gouvernée par des comtes à demi indépendants, dont le plus fameux, Agombert, fut un des lieutenants de Lothaire dans sa lutte contre Louis le Débonnaire (830).
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